Trump Est Il Vraiment Désavoué Par Les Américains ?

Dans un silence médiatique inhabituel , la cote de popularité de Donald Trump remonte lentement mais sûrement . Pourquoi ?

Selon un sondage paru en septembre dernier , seuls 36 % des Américains approuvaient l’action de Donald Trump en tant que président des États-Unis . Les médias français et européens ont relayé largement ce sondage , alimentant ainsi leur haine primaire – et celle de leurs lecteurs – du 45ème Président Américain .

Hier , 28 décembre , un autre sondage a été publié selon lequel la cote d’approbation de Donald Trump est remontée à 46 % , sans qu’aucun média européen ne s’en fasse l’écho , belle preuve d’objectivité s’il en est . À titre de comparaison , après une année passée à la Maison Blanche , le président le plus adulé de l’après-guerre , Ronald Reagan , était approuvé par 49 % de la population américaine et Barack Obama , l’icône des Européens , était à 50 % . Avec ses 46 % , Trump se situe donc dans la lignée de ces présidents tant aimés sur le Vieux Continent . L’appréciation européenne de l’action des présidents américains n’a donc que peu à voir avec celle des Américains . Il s’agit là d’un truisme , mais que beaucoup d’Européens ont tendance à oublier . Autre exemple illustratif pour corroborer mon assertion : George Walker Bush ( Jr donc ) qui a été considéré en Europe comme le mal incarné , est de loin le plus populaire des présidents , loin devant Reagan et JFK , avec un taux d’approbation de 86 % après un an ( nous étions certes 3 mois après le 11 septembre ) .

Mais mon propos n’est pas tant de faire le procès des médias et du médiocre unanimisme anti-Trump européen que de comprendre les raisons de cette remontée .

La réforme fiscale ( Tax Cuts and Jobs Act )

Le 19 décembre dernier , la House of the Representatives a voté en faveur de cette réforme par 227 voix contre 203 . Dans la foulée , le Sénat a également voté dans la nuit du 19 au 20 , par 51 voix contre 48 avec quelques modifications mineures . Étant donné que le texte voté dans les 2 assemblées doit être identique , le texte amendé par les Sénateurs a été approuvé tel quel par les députés par 228 voix contre 202 . Notons au passage que , contrairement à ce qui s’est passé avec la réforme avortée de l’Obamacare , le président a su enfin réunir son camp , car tous les Sénateurs Républicains ont voté comme un seul homme ( sauf John Mc Cain , malade ) , ainsi que l’écrasante majorité des Representatives du Great Old Party ( seuls 12 ont voté contre ) . Et comme il s’y était engagé durant sa campagne électorale , le président Trump a signé la loi avant la fin de l’année . Promesse tenue donc .

L’objectif martelé de cette réforme a été Returning money from Washington to the people .

Quels sont les grands axes de cette réforme ?

Réduire la pression fiscale sur les Américains ( coût : $5,5 milliards ) dont les mesures-phare sont le relèvement du plafond du revenu non imposable d’un couple marié de $13 000 à $24 000 ( +185 % ) , celui d’un isolé de $6,500 à $12 000 ( +185 % ) et celui d’une famille monoparentale de $9 550 à $18 000 ( +189 % ) , ainsi que la diminution du taux minimal d’imposition de 39,7 à 37 % , la suppression des droits de succession pour tout patrimoine inférieur à $10 millions , le doublement de la déduction par enfant ( $2 000 au lieu de $1 000 ) .

Réduire la pression fiscale sur les entreprises pour les rendre plus compétitives sur le plan international en faisant passer le corporate tax rate en-dessous de la moyenne OCDE ( 21 au lieu de 35 % ) et en permettant une taxation unique payée qu’une fois sur les bénéfices engendrés à l’étranger pour enrayer l’hémorragie de l’exode des bénéfices des entreprises US ( actuellement , le fisc US frappe les bénéfices engendrés non seulement sur le sol US , mais aussi partout dans le monde , méconnaissant le principe de la territorialité ) , ce qui est une mesure intelligente dans le sens où le montant des bénéfices non rapatriés sont estimés entre $1 000 milliards ( estimation la plus basse ) à $3 000 milliards ( estimation la plus haute ) .

Éliminer une série de niches fiscales ( coût : $4 milliards ) qui touchent également les membres du Congrès , ainsi que les cadres ( executives ) gagnant plus de $1 million/an .

Trump annonce que les premiers effets de cette réforme seront perceptibles dès février . Il s’agit de la première réforme du Code fiscal ( US Tax Code ) depuis plus de 30 ans et les reaganomics .

Même si elle est passée presque sous silence , cette réforme a donné un coup de grâce à l’Obamacare – autre promesse du candidat Trump – en supprimant l’obligation de s’assurer au régime de santé , ce qui constituait le pilier phare de l’Obamacare .

Certains voudraient faire accroire que cette réforme ne profiterait qu’aux riches ( sans préciser d’ailleurs ce qu’on entend par ce terme ) et aux entreprises . Il s’agit en fait d’une confusion alimentée par le fait que les réductions fiscales aux particuliers ne sont que temporaires ( jusqu’à l’exercice fiscal de 2027 ) , alors que les réductions en faveur des entreprises sont permanentes . Certes , tel est le cas . Mais durant ces 10 ans , les particuliers bénéficieront de ces réductions et rien n’empêche le gouvernement US de les prolonger si les finances publiques le permettent . N’oublions pas que 60 % des tax cuts sont consacrés aux familles et à la middle-class .

La dette américaine

Certains pourfendront le fait que , sous l’ère Trump , la dette US a franchi la barre des $20 000 milliards . Ceux-là oublient volontairement que la dette US était encore de +/- $9 000 milliards en 2007 ( dernière du second mandat de George W Bush ) pour passer à $ 19 000 milliards fin 2016 , ce qui signifie que la dette a doublé uniquement sous l’ère Obama !

Cet endettement est-il grave ? Certes , il vaut mieux être créancier et débiteur .

Mais , remarquons que grâce à la croissance du PIB ( passé à $19 500 milliards début novembre ) , la ratio endettement/PIB est redescendu à 102,5 % seulement contre 106,2 % à la fin de l’ère Obama . Nul doute que si la croissance vigoureuse est maintenue – ce que pensent plusieurs économistes et plusieurs éditorialistes comme le WSJ – ce ratio baissera encore .

Plus fondamentalement , cet endettement doit être comparé avec le total des actifs ( US Total Assets ) qui , fin de cette année , culmine à $111 500 milliards , donnant ainsi un ratio debt/assets de 17,5 % seulement ! Dit autrement , chaque citoyen américain a une dette actuelle de $60 890 , alors qu’il possède des actifs pour $393 391 .

Emploi & économie

En un an , il y a eu 1,7 million d’emplois nets créés , soit une moyenne de 142 000 jobs/mois ou 4 735 jobs/jour .

Le taux de chômage est passé à 4,1 % , soit le plus bas depuis 17 ans .

Le taux de croissance du PIB est passé à 3 % lors des 2 derniers trimestres .

Pour la première fois de son histoire , le Dow Jones a passé la barre des 24 000 points .

Promesse tenue jusqu’à présent .

Certes , les keynésiens et autres socialistes gloseront sur la « qualité des emplois » créés , mais que font-ils eux pour créer des emplois tout court ? ?

Immigration

Fer de lance de sa campagne , la lutte contre l’immigration illégale et le terrorisme a été la première mesure phare mise en place par l’administration Trump dès janvier . Après plusieurs décisions des juridictions inférieures suspendant les 2 premières versions du décret migratoire du président Trump , la Cour suprême des États-Unis a validé totalement , le 4 décembre dernier , la troisième et dernière version du décret du Président Trump interdisant de façon permanente l’entrée aux USA des ressortissants de 5 pays majoritairement musulmans ( Yémen , Syrie , Libye , Iran , Somalie , Tchad ) et de la Corée du Nord , ainsi qu’aux responsables vénézuéliens de façon provisoire . La victoire n’est pas mince , car elle a récolté le suffrage de 7 juges sur les 9 qui composent la Cour Suprême .

Certes la victoire est provisoire , car l’autorisation ne vaut que pendant la durée des procès en appel , mais déjà la Cour d’Appel de San Francisco a validé également le principe de l’interdiction d’entrée , mais en ajoutant l’exception en faveur de ceux qui peuvent prouver une relation authentique avec les USA .

Victoire plus que symbolique donc , et promesse tenue .

* * *

En résumé , le président Trump a tenu ses promesses phare en matière d’immigration , d’emplois et de diminution de la pression fiscale . Le tout en moins d’un an . On pourrait rétorquer qu’il y a également la Corée du Nord , le transfert de l’ambassade à Jérusalem ou encore le retrait du traité de Paris , mais pour le citoyen américain lambda , il s’agit de questions internationales par définition moins préoccupantes que les questions nationales . Trump , contre son parti , les médias , l’intelligentsia , a été élu 45ème Président sur le retour de la grandeur américaine ( Make America Great Again ) ; sa première année se termine sur un bilan positif . Rien d’étonnant donc que sa cote d’approbation remonte fortement au point d’être à un niveau considérable d’Obama et de Reagan . Les Européens – qui n’ont d’yeux que pour la forme , le style Trump , ont oublié que le job du Président américain est de défendre les intérêts … américains .

Puissent un jour les dirigeants européens faire de même , au lieu de préférer les mots aux actes …

Mark Taylor & Par Philippe Bouchat 2018/01/02
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